maltraitance animal

Maltraitance animale, c’est aussi ça la Polynésie

Vous l’avez peut être remarqué, je suis très sensible à la condition animale en général. Comme tous les gamins, j’aurai aimé être vétérinaire (mais bon la biologie n’a jamais été mon fort et seul Oscar le squelette  reste dans ma mémoire, c ‘est vous dire…). J’aurai également aimé consacrer du temps à une association pour chiens/chats. Mais je m’en sens incapable tellement ça me prend aux tripes. ça m’est juste insupportable (bon j’aurai au moins le mérite de faire croître le marché des mouchoirs en papier…).

A défaut, je voudrais vous en parler.

La Polynésie. Ce bout de territoire où bien des gens rêvent d’y poser les pieds. On ne voit que l’eau cristalline, ce bleu turquoise tachée de marine par endroit et qui lui donne un si beau relief. Ce soleil et cette chaleur qui donnent le sourire à toute la population. Des fleurs, des odeurs, des fruits et des couleurs. Voilà un tableau rêvé. Oui mais voilà. ce n’est pas pour tout le monde et surement pas pour les animaux ici.

En France, dans la mentalité des gens et dans notre culture actuelle, les chiens et chats font partie de la famille. Les maltraitances existent bien entendu, mais elle est éparpillée, peu visible et la SPA a des moyens. Plus qu’en Polynésie. Ici, l’île est petite. Tout se voit. Tout se sait. La maltraitance et la condition animale est sous nos yeux. Tous les jours.

Il y a des centaines et des centaines de chiens errants, sur la route, sur la plage, en ville. Les chats se font parfois manger par les chiens. Tous les jours, c’est une boucherie sur les routes. Pas un jour sans en voir un sur le bas côté ou carrément au milieu (je vous passe les détails). Toutes les semaines, des cartons entiers de chatons ou chiots sont laissés sur le devant de la porte des vétérinaires pour euthanasie (ou adoption quand ils sont chanceux). Les vétérinaires baissent les bras. Par exemple, une dame est venue pour la 4è fois chez son vétérinaire avec des chiots à euthanasier. L’assistance vétérinaire a insisté pour qu’elle fasse stériliser sa chienne et un rdv a été pris. Elle ne viendra surement pas. Autre exemple, un agent de sécurité d’un hypermarché a abattu, en pleine journée, un chien errant d’une balle car il se baladait dans la galerie marchande. Les associations sont débordées, n’ont pas de moyen et se battent pour faire réagir les autorités, une pétition a d’ailleurs été lancée.

Il faut dire que culturellement, les polynésiens mangeaient le chien (pratique venue des chinois). C’est aujourd’hui interdit. Mais la pratique reste courante dans les autres îles mais aussi sur Tahiti. Je connais (quelqu’un qui connait qui connait…) un polynésien qui ramasse les chiens sur le bord de la route pour en faire du maa (repas) et le vend à des connaissances. Bon on mange bien d’autres animaux, mais c’est vrai que pour nous popaa, c’est culturellement loin de nos pratiques et c’est parfois dur d’entendre ça. ça me fait de la peine.

Au delà de ça, les polynésiens prennent des chiens pour en faire des chiens de garde (contre les vols). La notion d’affection pour un animal est parfois un peu loin. Il y a de la violence, maltraitance, parfois torture, comme par exemple un maître qui lapide son chien pour avoir mordu son enfant. De plus, tant qu’il reste en bonne santé, tout va bien, mais si le chien se dégrade, très souvent il est abandonné, faute de moyen pour le soigner (la pauvreté est aussi un fléau) et les actes vétérinaires sont très chers ici, la stérilisation n’est pas dans les mœurs. L’abandon, lui, est courant. Tous ne sont pas comme ça bien sûr. Et heureusement. Bref, sur ce sujet, la Polynésie fait pays sous développée.

Mais petit à petit les mentalités changent. Doucement. Trop doucement surement.

Et oui, c’est aussi ça la Polynésie.

 

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